Afin de mieux être informée sur les diverses conséquences positives et négatives , j'ai contacté un expert des barrages hydro-électriques, monsieur Ali Assani, professeur au département des sciences sociales de L'Université du Québec à Trois-Rivières. Voici donc le compte-rendu de notre entretien
C.G :Monsieur Assani, le projet la romaine est en
présentement en phase 3, y’a-t-il eu des impacts environnementaux importants
dont il serait important de considérer lors des autres phases?
A.A. : Bien entendu, il y a l'aspect des terres et végétations immergées lors de la construction des réservoirs, ce qui entraîne une décomposition et un appauvrissement des végétations, dégageant alors du CO2 car c'est de la matière organique en décomposition. Cela provoque aussi la sédimentation et la taille des ilôts détruit l'habitat naturel des poissons. C'est inévitable lorsqu'on construit un barrage, la solution serait de raser les arbres avant la construction, ce qui n'a jamais été fait.
CG: Croyez-vous que la politique de développement durable d’hydro-québec sur ses chantiers soit suffisamment bien élaborée, a-t-elle des failles?
A.A. : Le problème avec Hydro-Québec, c'est que la compagnie évalue elle-même son développement durable. Il est alors très difficile d'évaluer la pertinence de sa politique et sa qualité. Il faudrait que le privé évalue hydro-Québec pour être en mesure de connaitre toutes les données d'un tel projet.
CG: Est-ce que selon vous le projet la romaine était nécessaire,
devrait-on miser sur d’autres sources énergétiques à l’avenir?
A.A. : Pour ce qui est des besoins du Québec, non. nous sommes en contexte de surplus et nous n'avions pas de réel besoin. Cependant, le gouvernement mise sur l'exportation de l'énergie aux États-Unis. Pour ce qui est des alternatives, l'éolienne devrait définitivement prendre plus de place en matière d'énergie ainsi que la transformation des biomasses, qui est présentement à l'étude.
CG: Un des projets principaux d’hydro-québec est
l’exportation de l’électricité vers les Etats-Unis, outre les revenus
importants, y aurait-il des impacts positifs à cette exportation?
A.A.: le point le plus important est définitivement l'injection de fonds. En contexte de déficit économique, le Québec profitera des profits. Cela fait une bonne publicité au gouvernement provincial.
CG:Amir Khadir de Québec Solidaire et Roy Dupuis de la
fondation rivières défendent le point que le projet est à perte et que détruire
une rivière au moment ou nous sommes en surplus d’électricité n’a aucun sens.
Commentez.
A.A.: Je suis d'accord. Nous sommes en surplus. Ce n'était pas vraiment nécessaire et ça crée du gaspillage de ressources.
CG:Outre les pertes économiques, Quels seraient les
inconvénients à délaisser l’hydro-électricité pour de bon?
A.A.: Il n'y aurait pas de perte réelle, économiquement parlant. Cependant, la rivière met du temps à reprendre son état naturel et il faudrait aussi du temps à détruire les barrages existants.
CG:Pourquoi, selon-vous, La romaine crée un émoi jamais
rencontré auparavant avec les autres chantiers Hydro-Québec comme la
baie-james, la sarcelle, la rupert…?
A.A.: Il faut se remettre dans le contexte social des années de Bourassa, où le projet de la Baie-James a pris naissance. Le Québec avait besoin de ces fonds et l'énergie était moins surplus. Il faut aussi comprendre que le Québec de l'époque n'avait pas la conscience écologique qu'il a aujourd'hui. Comme nous sommes plus conscients de l'avenir écologique qui s'offre à nous, nous nous questionnons davantage et des groupes se créent de plus en plus contre des projets comme la Romaine.
CG: Merci beaucoup de m'avoir accordé de votre temps !

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